pixel facebook analytics
cFactuel, le média numérique qui rend l'actu claire et captivante
Fermer
Mot de passe oublié ?
Se connecter via Facebook
Pas encore de compte ? S'inscrire gratuitement
CONNEXION EN COURS
Afin de pouvoir vous connecter, vous devez au préalable confirmer votre adresse email en cliquant sur le lien présent dans l'email d'activation que nous vous avons envoyé suite à votre inscription.
Vous ne retrouvez pas cet email ? Cliquez ci-dessous pour le recevoir à nouveau. Et pensez à vérifier dans vos spams !
renvoyer l'email d'activation
Ajouter ce contenu à vos favoris Commenter ce contenu
6
Partager ce contenu via facebook Partager ce contenu via twitter Partager ce contenu sur google plus Partager ce contenu sur LinkedIn Épingler ce contenu Partager ce contenu par email
Fantômes yougoslaves
27 Novembre 2017
Fantômes yougoslaves - Une infographie cFactuel Voir la retranscription

Les fantômes yougoslaves

Le 22 novembre, le Tribunal Pénal International a condamné à perpétuité l’ex-général des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic.

Derrière ce jugement, c’est une page douloureuse des Balkans qui revient dans la lumière et ravive des blessures toujours douloureuses.

B1/ 1991-2001 : une décennie de guerre

A/ Le contexte

En 1990, la Yougoslavie sort progressivement du communisme.

Son dirigeant emblématique, le maréchal Tito, est mort depuis 10 ans et le pouvoir se partage entre l’Etat fédéral basé à Belgrade, et les différentes républiques qui composent le pays.

Le saviez-vous ?

« La Yougoslavie a six Républiques, cinq nations, quatre langues, trois religions, deux alphabets et un seul parti. » : Cette phrase de Tito illustre le rôle du communisme comme ciment d’une région sans autre homogénéité.

1990 : Les premières élections libres se tiennent

Des indépendantistes sont élus en Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Slovénie et Croatie

En Serbie, le nationaliste Milosevic est réélu.

=> Les relations se crispent.

A partir de 1991 : Les déclarations d’indépendance successives conduisent aux conflits entre les républiques et l’Etat fédéral, dominé par la République de Serbie.

Ampoule : la résurgence des nationalismes va conduire à deux politiques. La première est indépendantiste comme en Croatie ou en Slovénie. La seconde est fédéraliste, comme en Serbie où Milosevic tente de mettre en place la domination sur les autres république, mais au sein de la fédération.

B/ Des guerres courtes et des guerres longues

La guerre n’aura pas la même intensité dans toute les républiques :

Ampoule :

Si le conflit a été court en Slovénie, c’est parce que le pays n’abrite pas de minorité importante.

Au contraire, en Croatie, la minorité serbe représentait 12,2% de la population en 1991.

En Bosnie, les Serbes représentent 32% de la population.

Le cas du Kosovo est particulier, car L’OTAN interviendra par le biais de plus de 2 mois de bombardements sur la Serbie, pour mettre fin au nettoyage ethnique mis en place au Kosovo.

En 10 ans, l’explosion de la Yougoslavie va entraîner la mort de 150 000 personnes et le déplacement forcé de près de 4 millions de Yougoslaves.

Le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie est créé pour juger des crimes commis au cours des conflits en ex-Yougoslavie

=> 161 mises en accusation dans tous les camps (mais avec une majorité de Serbes)

=> Tous les accusés ont été retrouvés

=> Une soixantaine a été condamnée.

B2/ La Yougoslavie n’est plus

“Aujourd’hui, le territoire qui constituait la Yougoslavie n’a plus de cohérence.”

Au niveau politique : Slovénie et Croatie ont intégré l’UE

Au niveau militaire : Slovénie, Croatie et Monténégro sont membres de l’OTAN. La Serbie a un pacte militaire avec la Russie.

Au niveau économique : PIB/habitant : Bosnie 4 710$, Macédoine 5 240$, Serbie 5 350$, Montenegro 6 700$, Croatie 12 100$, Slovénie 21 300$

> Il existe aujourd’hui des fossés entre les différents pays qui constituaient la Yougoslavie.

B3/ Des plaies encore ouvertes

“Aujourd’hui encore, le conflit reste un souvenir douloureux.”

La Bosnie est partagée en deux :

Aujourd’hui encore, au niveau administratif, seule 3% de la population refuse la catégorisation selon les peuples, c’est-à-dire de se définir comme Croates, Serbes ou Bosniaques.

Dans les écoles, les élèves sont séparés de fait entre Serbes d’un côté et Bosno-croates de l’autre. Mais la ségrégation va plus loin : le concept de « deux écoles sous le même toit », instauré à la fin de la guerre, sépare Bosniaques et Croates.

En Croatie, le nombre de discriminations et violences à l’égard de la minorité serbe a augmenté de 60% en 2016.

En Serbie, la population ne pardonne pas les bombardements de l’Otan de 1999 (alors que 18 mois plus tôt, des centaines de milliers de Serbes manifestaient contre Milosevic. À ce moment, les Occidentaux n’ont pas bougé).

Cette méfiance apparaît face aux démarches d’entrée de l’UE du pays. Seulement 1 Serbe sur deux y est favorable



Ouverture :

La condamnation à perpétuité de Ratko Mladic satisfera les victimes de celui qu’on appelait le “boucher des Balkans” mais laissera indifférents ceux qui considèrent que cette justice est orientée et condamne toujours dans le même sens.

En Serbie, le blanchiment de certains criminels de guerre kosovars ou croates a été très mal vécu.

En Ex-Yougoslavie, le Tribunal Pénal International ne suffira donc pas à refermer les plaies...



SOURCES :

AFP, Pour le général Divjak, défenseur serbe de Sarajevo, Mladic et les siens ont "gagné", 20 novembre 2017

Le Point, La Republika Srpska, terre serbe dont Mladic reste le héros, 16 novembre 2017

Iris, 2 novembre 2017

Wikipédia, Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie

Slate, La guerre du recensement, la seconde mort de la Bosnie, 15 octobre 2013

Banque mondiale, PIB par habitant en 2016

Tribune de Genève, Les Serbes de Croatie victimes de la «haine», 8 mars 2017

Le Monde,

Vingt ans après, l'impossible réconciliation des Serbes et des Croates de Vukovar, 28 décembre 2011

Huffpost, France - Serbie: une histoire à réécrire, 9 août 201

Réduire
Ça vous a plu ? Envie d'accéder à tous nos contenus, sans limite ?
DEVENEZ PREMIUM !
TESTER UN MOIS GRATUITEMENT

Cette semaine sur cFactuel


Dans la catégorie "International"


Vos réactions


PUBLIER LE COMMENTAIRE
Le 28/11/2017 à 20h27
Quelles sont les principales raisons pr lesquelles Mladic est nommé "bouher des Balkans"?
PUBLIER LE COMMENTAIRE
Le 29/11/2017 à 09h48
Bonjour LS,
Le surnom de boucher des Balkans a été attribué à Mladic parce qu'il a été responsable des opérations militaires serbes lors du siège de Sarajevo (environ 14000 morts dont plus de 5000 civils) et dans le massacre de Srebrenica (8000 morts).
Le 27/11/2017 à 20h44
Dans l'actualité, le livre de Guillaume Ancel qui lance une polémique sur le bombardement de l'Otan. Ça méritait peut être une mention
PUBLIER LE COMMENTAIRE
Le 28/11/2017 à 09h23
Bonjour Gilles. A ma connaissance, Guillaume Ancel évoque les positions occidentales concernant le siège de Sarajevo et non les bombardements de l'OTAN sur la Serbie. Pour ce qui est des polémiques, il en existe de nombreuses sur toute la guerre... Difficile de faire la part des choses. Dans cette infographie, non avons fait le choix de rester sur des faits avérés et des situations ou ressentis de la population largement admis.
Le 27/11/2017 à 07h39
Une toute petite coquille : vous parlez en gros de 15000 morts alors qu'en petit, c'est noté 150 000. Ce chiffre est horrible mais plus crédible.
Merci pour votre travail.
PUBLIER LE COMMENTAIRE
Le 27/11/2017 à 08h15
En effet Florent ! Merci pour votre commentaire, la coquille est réparée !
Bonne journée