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Crise au Cameroun
9 Octobre 2017
Crise au Cameroun - Une infographie cFactuel Voir la retranscription

Crise au Cameroun

Dimanche 1er octobre, des indépendantistes anglophones du Cameroun ont manifesté pour proclamer symboliquement l'indépendance des deux régions anglophones de l’Ouest du pays.

Selon Amnesty International, 17 personnes ont été tuées dans des violences en marge de ces manifestations.

B1/ Les fantômes de la colonisation

“La crise que traverse le pays trouve son origine dans la période coloniale.”

Fiche d’identité

Cameroun:

=> Capitale : Yaoundé

=> Superficie : 476 000 km2 (FR : 550 000)

=> Population : 24 M d’habitants (FR : 67M)

=> PIB : 72 Md$ (FR : 2 422 Md$)

=> IDH : 0,512 (FR : 0,897)

=> Président : Paul Biya (depuis 1982)

En 1984, le Cameroun est colonisé par les Allemands, qui en font un protectorat. Il s’appelle alors “Kamerun”.

Après la Première Guerre Mondiale, il est partagé entre la France (Cameroun) et la Grande Bretagne (Cameroons).

Avec la décolonisation, le Cameroun devient indépendant en 1960. Il réintégrera en 1961, après un référendum, la partie sud du Cameroons. La partie nord ayant, elle, choisi d’être intégrée au Nigéria.

Encore aujourd’hui :

=> Le Cameroun est majoritairement francophone

=> Mais l’ex-région du Cameroons est majoritairement anglophone

La minute du linguiste :

Le mot Cameroun est arabe et signifie crevettes. Les Portugais et les Espagnols l’ont adopté : “camer”.

Lors de la découverte des côtes du pays, les marins portugais, impressionnés par l’abondance de crevettes dans l’estuaire du Wouri (fleuve du pays), le baptisèrent “rivière des crevettes”, ou Rio dos Camarões.

Les Anglais reprirent cette dénomination, devenant alors Cameroons.

B2/ 20 ans de tensions croissantes

“Dès l’indépendance, des tensions sont nées entre les deux parties du Cameroun réuni.”

La réunification du pays en 1961 crée un pays fédéral, où les régions anglophones conservent un système juridique et éducatif hérité de la Grande Bretagne.

La fédération camerounaise a également deux langues officielles : le français et l’anglais.

MAIS

1972 : Un référendum conduit à la centralisation du pays. Le Cameroun devient la République Unie du Cameroun.

=> Cela provoque une poussée identitaire dans les régions anglophones.

Pour aller plus loin :

Si l’anglais reste une langue officielle, les anglophones sont discriminés, notamment dans l’administration.

1983 : La province anglophone de Southern Cameroons est divisée en 2 provinces : Nord-Ouest et Sud-Ouest.

1984 : La dénomination “République du Cameroun” est rétablie, mais sans décentralisation. Les régions anglophones ne bénéficient pas de plus d’autonomie.

1996 : Apparition du parti Southern Cameroons National Council (SCNC), dont les positions indépendantistes ont toujours été claires.

Pour aller plus loin :

En 1977, le lancement de l’exploitation de gisements pétroliers dans les régions anglophones va ajouter une dimension économique aux revendications politiques.

Les anglophones réclamant une gestion partagée des richesses pétrolifères entre l’État et les régions anglophones.

B3/ 2017, une situation explosive

Janvier-Avril : Le gouvernement coupe Internet dans les régions anglophones, pour empêcher les revendications des avocats et des enseignants.

Août : Des séparatistes anglophones annoncent via les réseaux sociaux la constitution d'un groupe armé indépendantiste.

=> Le gouvernement présente désormais les sécessionnistes comme des « terroristes ».

MAIS

Plusieurs tendances s’affrontent chez les anglophones

=> Certains exigent le retour au fédéralisme

=> D'autres veulent la partition, coûte que coûte, et appellent à l’indépendance de “l’Ambazonie”

Le problème anglophone n’est pas le seul au Cameroun :

=> Boko Haram (Daech) est présent dans le Nord du pays

=> Des milices centrafricaines sont présentes dans l’Est

Le saviez-vous ?

La Centrafrique connaît une guerre civile depuis 2013, entre les milices Seleka issues de la minorité musulmane et les anti-balaka, majoritairement catholiques.

Ce conflit a provoqué une intervention internationale menée par la France et dispersé ces milices.

Défaits, les Seleka sont amenés à faire des incursions dans les pays voisins.

Selon Crisis Group :

“Une aggravation du problème anglophone associée aux problèmes de terrorisme (Nord) et de pillage (Est) pourrait affecter les élections générales prévues en 2018. Surtout, elle pourrait déclencher des revendications sur l’ensemble du territoire et une crise politique de plus grande ampleur"

L’ONG préconise "des réformes institutionnelles pour remédier aux problèmes profonds dont la question anglophone", à savoir plus d’autonomie ou la mise en place du fédéralisme

Le saviez-vous ? Crisis Group est une ONG multinationale à but non lucratif, créée en 1995, dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers, grâce à une analyse de la situation sur le terrain et des recommandations indépendantes.



Sources :

Crisis Group, Cameroon’s Anglophone Crisis at the crossroad

France 24, Cameroun anglophone : aux origines de la crise, 4 octobre 2017

Le Monde diplomatique, Du pétrole partout dans le Delta du Niger, Octobre 2008

Wikipédia, Cameroun

Deutsche Welle, La sécession aura-t-elle lieu au Cameroun ? 4 octobre 2017

Le Point, Cameroun : pourquoi le retour d’Internet ne règle pas tout, 21 avril 2017

Le Point, Cameroun : ce qu’il faut comprendre de la crise anglophone, 2 octobre 2017

Le Monde, Le Cameroun anglophone, en ébullition, compte ses morts, 3 octobre 2017



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Vos réactions


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Le 14/10/2017 à 16h01
Bonjour, je crois qu'il y a une erreur dans la partie historique. Le Cameroun n'a jamais été une colonie de la France ou du Royaume Uni mais a été placé sous protectorat de ces dernières par la société des nations (ex-ONU).
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Le 14/10/2017 à 16h24
Bonjour, merci de votre retour. Nous disons bien que le Cameroun a été partagé entre France et Royaume Uni (sous protectorat en effet, ce que nous n'avions pas dit) mais qu'il avait été colonisé par l'Allemagne. Bon weekend !
Le 14/10/2017 à 09h56
La partie sur l'histoire du Cameroun est super intéressante, mais je trouve qu'on manque un peu de détails sur quelles sont les revendications actuelles, et ce qu'espèrent les régions anglophones avec plus d'autonomie aujourd'hui. Du couo je suis pas sûre d'avoir compris ce qui se passe cette année (à part le fait que ça découle plus ou moins de la colonisation ce qui en soit n'est pas rare...)
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Le 14/10/2017 à 12h51
Bonjour Lsiefert,
Ce qui se passe au Cameroun est en effet assez similaire aux tensions post coloniales que l'on peut trouver dans d'autres pays d'Afrique.
La particularité des derniers évènements dans ce pays, c'est la violence. Le Cameroun est considéré comme un pays plutôt stable dans le région. Avec la réaction brutale du régime ce qui est à craindre c'est une dégradation de la situation (il ne faut pas oublier que le pays doit faire face à des troubles à sa frontière Nord avec Boko Haram et Est avec la guerre civile qui touche la Centrafrique).
On peut noter également que les tensions que l'on observe ne sont, ici, pas liées à la religion, mais à la langue.
Concernant les revendications, il ne faut pas penser que les anglophones cherchent massivement à devenir indépendants. En revanche ils considèrent, dans leur majorité, que le pouvoir central ne les considèrent pas comme des citoyens à part entière (absence dans l'administration ou la police etc.) et qu'il cherche à gommer leurs spécificités.
Le 09/10/2017 à 11h23
Bonjour,

Votre infographie commence très mal : le Cameroun est en Afrique Centrale.
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Le 09/10/2017 à 16h24
Bonjour, Gillespascoucou,
Vous avez en effet raison. J'avais mis d'Afrique de l'Ouest par rapport à sa situation de pays sur la rive Atlantique. Mais le Cameroun est naturellement un pays d'Afrique Centrale. C'est rectifié.