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Les légumes en (p)otage
25 Septembre 2017
Les légumes en (p)otage - Une infographie cFactuel Voir la retranscription

Les légumes en (p)otage

Le groupe de grande distribution Carrefour a lancé, le 20 septembre, la commercialisation de « légumes interdits » dans ses rayons.

B1/ On va tous mourir ?

- S’ils sont interdits, c’est sans doute qu’il y a une raison, non ?!?

=> En réalité, Carrefour ne va pas vendre des produits interdits, mais des légumes dont les semences sont interdites à la vente.

C’est donc un abus de langage.

=> La plupart du temps, ces produits ne sont pas vendus en grande surface, car la production est trop faible. Les cultivateurs les proposent plutôt en vente directe sur les marchés.

Le saviez-vous ?

Les légumes issus de ces semences sont très variés. Souvent, ils sont très localisés.

Potimarron Angélique, Artichaut Glas-Ruz, Haricot Coco du Trégor, Oignons roses d'Armorique, Artichauts Camus du Léon, Rhubarbes acidulées de Bretagne, etc.

Pour cette opération, ce sont des producteurs bretons qui ont signé un partenariat avec le distributeur.

Les objectifs de Carrefour

"Nous voulons élargir notre offre, car nos clients sont demandeurs de produits sains et bio" : Philippe Bernard, directeur des partenariats avec le monde agricole chez Carrefour.

- Mais ils ne sont pas déjà censés nous vendre « des produits sains » ?

- Si, mais cette opération permet à Carrefour de « reverdir » sa marque, en se positionnant en faveur de la biodiversité et contre la standardisation des cultures. Ils ont même lancé une pétition sur internet pour changer la loi sur les semences.

B2/ La législation sur les semences

« Si certaines semences sont interdites à la vente, c’est parce qu’elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des semences autorisées. »

Ampoule :

Le GNIS, groupement national interprofessionnel des semences et plants, créé en 1941, a pour mission de contrôler la qualité et la certification des semences.

Il gère notamment le catalogue officiel français des variétés, qui répertorie toutes les variétés de semences autorisées à la commercialisation en France.

Une loi de 1981 a durci la législation. En effet, pour être inscrite, une nouvelle variété doit être suffisamment distincte de celles déjà inscrites, stable et homogène.

- Homogène ?

- Oui, cela signifie que les plantes qui composent la variété doivent être semblables sur les caractéristiques utilisées pour sa description.

Pourquoi cette interdiction ?

- Protéger le consommateur et le producteur en garantissant des produits de qualité

=> Résistance aux parasites (moins de pesticides)

=> Bonne conservation

=> Qualités gustatives

- Eviter une profusion de dénominations pour une même variété (harmonisation de la classification)

B3/ La graine qui cachait le silo

« Ce système est remis en question, car il coûte cher et nuit à la biodiversité. Et ce n’est pas une problématique franco-française. »

Semences dans le monde :

-7 000 espèces (150 certifiées)

-2,1 millions de variétés (80 000 certifiés)

-75% des variétés comestibles ont disparu en 100 ans

-12 espèces végétales assurent 75% de l’alimentation mondiale

Le coût

L’inscription au catalogue officiel coûte entre 1 000 et 10 000 € selon les variétés.

Comme, souvent, ces variétés sont paysannes et peu répandues, les cultivateurs ne disposent pas des fonds pour les faire inscrire.

La biodiversité

Ce système est mis en cause par des associations comme le Réseau Semences Paysannes, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontière ou encore la Confédération paysanne, car il homogénéise la consommation et fait disparaître les variétés qui ne sont pas retenues, ce qui menace l’espèce tout entière.


Sources :

Huffpost, Des légumes "interdits" vendus par Carrefour, mais de quoi s'agit-il? 20 septembre 2017

La Tribune, Carrefour s'aventure dans la vente de légumes "interdits", 20 septembre 2017

Legifrance, Décret n°81-605 du 18 mai 1981 pris pour l'application de la loi du 1er août 1905 sur la répression des fraudes en ce qui concerne le commerce des semences et plants

L’Express, Légumes "interdits" vendus par Carrefour, les enjeux derrière le coup marketing, 21 septembre 2017

Agronomes et Vétérinaires sans frontières, les semences paysannes en chiffres

Groupement national interprofessionnel des Semences et plants, Pourquoi Carrefour ne vend-il pas les 3200 variétés de légumes disponibles ? 20 septembre 2017

FAO, Archives de documents de la FAO, Interactions du genre, de la biodiversité agricole et des savoirs locaux au service de la sécurité alimentaire manuel de formation, Qu’est-ce que la biodiversité agricole, 2005


Preview

-Les légumes pris en (p)otage

-Visuel : un panier de légumes

Visuel FB

Pour protéger les consommateurs, les semences mises à la vente sont très encadrées et doivent être certifiées. Au détriment de la biodiversité ?

-150 espèces certifiées sur 7 000

-80 000 variétés certifiées sur 2,1 millions

-75% des variétés comestibles ont disparu en 100 ans

-12 espèces végétales assurent 75% de l’alimentation mondiale

Post FB

Carrefour a décidé de commercialiser des « légumes interdits ». Rassurez-vous, rien d’illégal ! Mais derrière cette action, un vrai sujet : la certification des semences !

Notif

-[SOCIETE] Carrefour commercialise depuis quelques jours des « légumes interdits » !

-[SOCIETE] Protection des consommateurs vs biodiversité : le dilemme pour certifier les légumes !

Post TT

-#Protection des consommateurs vs #biodiversité : le dilemme pour certifier les #legumes !

-#Carrefour commercialise des #legumesinterdits : explication sur ce qui se cacher derrière ! #certification

-#Certification : Les #legumes pris en otage ?

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Vos réactions


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Le 25/09/2017 à 21h45
Meilleur jeu de mots toute l'histoire de cfactuel pour le titre ! ;)
Paulo la boutade
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Le 25/09/2017 à 20h19
Il me semble que la loi requiert aussi que les agriculteurs achètent au moins en partie (si ce n'est tt) les semences ou plans dont ils font leur commerce... autrement dit pr une utilisation professionnelle il n'est pas possible de conserver ses propres graines d'une année à l'autre. Du coup comme les semences sont interdites à la vente, effectivement ces plans ne st plus cultivés...
Mais je n'ai pas de source sous la main alors à confirmer!
Ce qui est sur c'est qu'en laissant les variétés s'adapter localement on perd en homogénéité à large échelle mais on y gagne grandement en résistance, variété de goûts, et en qualité nutritive aussi a priori. Moi je dis bravo Carrefour!
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Le 25/09/2017 à 07h05
Les « légumes interdits » ne le sont donc pas vraiment si Carrefour lance cette opération?
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Le 25/09/2017 à 08h41
Oui c'est bien ça : seules les semences sont interdites à la vente, mais pas les légumes !